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Collectif DDH

« Ce sont des enfants de terroristes, je m’en fiche » : Le dérapage glacial de la ministre de la Famille choque

« « Je m’en fiche, ce sont des enfants de terroristes » : les propos rapportés de la ministre turque de la Famille sur les 891 bébés incarcérés avec leurs mères provoquent un séisme. Entre discours officiel et répression brutale, Ömer Faruk Gergerlioğlu dénonce l’effondrement moral d’un système qui punit les enfants pour les idées de leurs parents.

Alors que le gouvernement turc multiplie les discours sur la protection de la structure familiale, une révélation vient de briser ce vernis de bienveillance. Lors d’une commission parlementaire, le député et défenseur des droits humains Ömer Faruk Gergerlioğlu a rapporté les propos stupéfiants de la ministre de la Famille, Mahinur Özdemir Göktaş, concernant les centaines de bébés incarcérés avec leurs mères : une indifférence totale justifiée par l’étiquette de « terrorisme ».

L’aveu d’une inhumanité d’État

C’est au sein de la Commission de la santé, de la famille et du travail de la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM) que le scandale a éclaté. Ömer Faruk Gergerlioğlu (parti DEM), connu pour son combat infatigable contre les violations des droits en prison, a pris la parole pour dénoncer l’hypocrisie des nouvelles réformes sur le congé maternité face au sort des plus vulnérables.

Le député a raconté un échange qu’il a eu avec la ministre de la Famille au sujet des 891 bébés qui grandissent actuellement derrière les barreaux avec leurs mères. La réponse de la ministre, telle que rapportée par Gergerlioğlu, fait froid dans le dos :

« Ce sont des enfants de terroristes, que le ministère de la Justice s’en occupe, je m’en fiche (bana ne) ».

« Mes oreilles ont entendu ces paroles », a martelé le député devant une commission pétrifiée, soulignant que celle qui devrait être la « mère de la nation » trie les enfants selon l’affiliation politique de leurs parents.

« L’Année de la Famille », mais l’effondrement de l’institution

Gergerlioğlu a profité de cette tribune pour dresser un bilan cinglant de la politique gouvernementale. Alors qu’Ankara a proclamé cette période comme étant « l’année de la famille », les chiffres racontent une tout autre histoire : une explosion des taux de divorce et un affaiblissement sans précédent de l’institution familiale.

Pour le député, cet effondrement n’est pas un accident, mais la conséquence directe des pratiques de l’exécutif. Il pointe du doigt l’instrumentalisation de la famille à des fins de répression politique, où la cellule familiale n’est plus protégée dès lors qu’elle est soupçonnée de dissidence.

L’enfance brisée sous les verrous et les bottes

L’un des points les plus poignants de son intervention a concerné les méthodes d’interpellation, notamment celles visant les sympathisants du mouvement Gülen. Gergerlioğlu a décrit des scènes de terreur devenues banales : des portes enfoncées à l’aube, des parents sortis du lit sous les yeux de leurs enfants, des pères plaqués au sol et menottés dans le dos sous les coups et les insultes.

« Des enfants se réveillent en sursaut et sont témoins du passage à tabac de leurs parents. Quel genre de famille peut survivre à un tel traumatisme ? », a-t-il interrogé. En rappelant que ces violences touchent aussi bien les journalistes que les politiciens ou les représentants de la société civile, Gergerlioğlu a mis en lumière une réalité brutale : en Turquie, la protection de la famille s’arrête là où commence la traque des opposants.