Marche pour la Justice à Strasbourg : cinq ans de mobilisation pour une justice pour tous en Turquie
Cette année marque une étape importante pour la Marche pour la Justice à Strasbourg. Pour la cinquième année consécutive, la Peaceful Actions Platform, en partenariat avec le CollectifDDH et seize organisations de la société civile européennes, organise cette mobilisation pacifique avec une exigence claire et universelle : la justice pour tous en Turquie.
Née à Strasbourg en 2022, la Marche pour la Justice est avant tout une initiative citoyenne et pacifique. Elle rassemble des organisations de défense des droits humains, des avocats, des victimes de violations des droits fondamentaux, des représentants de la société civile et des bénévoles venus de toute l’Europe.
À l’origine, cette mobilisation s’adressait principalement à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Des milliers de victimes de violations graves et systématiques des droits humains en Turquie attendaient depuis des années que leurs recours soient examinés. Pour beaucoup, Strasbourg représentait le dernier espoir d’obtenir justice après des licenciements arbitraires, des poursuites judiciaires, des détentions injustifiées, des exclusions sociales et des souffrances familiales profondes.
Les premières marches visaient à rappeler une vérité essentielle : une justice retardée est souvent une justice refusée. Derrière chaque dossier en attente se trouvent des vies bouleversées, des familles séparées et des droits fondamentaux bafoués.
L’année 2023 a marqué un tournant avec l’arrêt historique rendu par la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Yalçınkaya c. Turquie. Cette décision a confirmé que les autorités turques avaient porté atteinte à plusieurs droits fondamentaux garantis par la Convention européenne des droits de l’homme et qu’il existait des problèmes structurels affectant des milliers de dossiers similaires.
Cependant, malgré l’importance de cet arrêt, sa mise en œuvre effective en Turquie demeure insuffisante. Les pratiques dénoncées par la Cour persistent et l’insécurité juridique continue d’affecter des milliers de personnes. Face à cette situation, la Marche pour la Justice a élargi son champ d’action.
Aujourd’hui, son appel ne s’adresse plus uniquement à la Cour européenne des droits de l’homme, mais également au Conseil de l’Europe, chargé de superviser l’exécution des arrêts de la Cour. Les institutions européennes doivent veiller à ce que les décisions rendues ne restent pas lettre morte et que les principes de l’État de droit soient appliqués concrètement.
Au fil des années, la répression en Turquie a touché des groupes toujours plus divers. Journalistes, universitaires, magistrats, enseignants, militants associatifs, élus, fonctionnaires ou simples citoyens ont été confrontés à des violations de leurs droits fondamentaux. Dans ce contexte, le message de la Marche pour la Justice est devenu plus large et plus inclusif.
La justice ne peut être sélective. Lorsqu’un groupe est privé de ses droits, c’est l’ensemble de la société qui est fragilisé. C’est pourquoi la Marche pour la Justice se tient aux côtés de toutes les victimes de la répression étatique en Turquie, quelles que soient leurs origines, leurs convictions, leurs identités ou leurs opinions politiques.
Cinq ans après le début de cette mobilisation, notre détermination reste intacte. À Strasbourg, capitale européenne des droits humains, nous continuerons à porter la voix de celles et ceux qui attendent toujours justice.
Notre message demeure simple et universel :
- Toutes les injustices doivent cesser ;
- Les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme doivent être appliqués ;
- La dignité humaine doit être protégée ;
- La justice doit être garantie pour tous.
Parce que la justice pour certains n’est pas la justice.
Parce que les droits humains sont universels.
Parce que la justice pour tous en Turquie est une exigence démocratique fondamentale.
